Suivre le vide à la trace… François Brochu, Exposition du 20 mars au 16 avril 2011
Vernissage le mercredi 23 mars, 5 à 7
Depuis maintenant huit ans, François Brochu fait partie d’un groupe de musique expérimentale appelé Copernic : Tonka. Chaque prestation de leur groupe était accompagnée d’une vidéo expérimentale ou d’une production artistique improvisée. Récemment, un des membres fondateurs du groupe lui a demandé de faire des photographies pour son album électronique expérimental solo, Neji Mawashi. La réalisation de ces photographies abstraites l’a poussé à utiliser sa formation en photographie et à suivre une passion qui l’habite depuis déjà longtemps. Il poursuit donc l’expérience avec ce projet qui s’inscrit dans une démarche de création expérimentale visuelle et sonore.
Du côté visuel, François Brochu provoque son inspiration en se plaçant dans une situation d’exploration, en utilisant un objet aussi banal qu’une tasse par exemple, pour en exploiter toutes ses caractéristiques. Que ce soit sa forme, sa couleur, la manière dont elle reflète ou absorbe la lumière ou encore, l’ombre ou le reflet qu’elle projette sur une surface, toutes ces qualités peuvent servir pour réaliser des images abstraites par le biais de divers techniques photographiques.
Un long temps de pose, une exposition multiple, ajout de traits à la lampe torche, voici quelques-unes des méthodes qu’il utilise, seules ou combinés, pour produire mes images photographiques. En fait, peu importe le moyen utilisé, l’important c’est que ça ce passe dans le temps d’une pose, il conserve les « négatifs » numériques tel qu’ils sont, sans retouche ni montage. Par « négatif », il fait allusion à la pellicule 35mm, puisque les appareils numériques remplacent ce procédé en convertissant les donnés recueillis par le capteur directement à la prise de vues, il exécute l’opération inverse pour obtenir le négatif.
Du côté sonore, il crée l’ambiance à la manière d’un bruiteur, en s’entourant d’objets divers et d’instruments de musique courants ou fabriqués pour interpréter les formes, la composition et le rythme de chaque photographies. Dans le but de garder le caractère spontané et expérimental du projet, la trame est constituée de segments de prestation en temps réel. Cette manière de procéder l’expose à une plus grande marge d’erreur, mais ces mêmes « erreurs » peuvent devenir une bonne source d’inspiration dans la création, et aussi rendre la musique plus vivante, justement par son imperfection. Oscillant entre séquences de sons minimalistes, de mélodies instrumentales et de bruits chaotiques, la bande sonore impose aux observateurs une manière de lire l’histoire qui est au mur par l’ambiance dans laquelle elle les plonge. L’ajout de musique défini aussi la durée nécessaire pour apprécier le projet dans l’ensemble, étant donné que le projet est basé sur la relation entre le son et l’image, il faut prendre le temps de baigner dans cette atmosphère pour ressentir ce qui s’en dégage.


